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L'INSTABILITÉ DE L'ÉPAULE (partie 1)

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L'instabilité de l'épaule est un problème qui touche principalement les jeunes sportifs que ce soit lors de la pratique de sports utilisant la position "d’armer du bras" (shoot au handball, service au tennis…) ou au cours d'une chute.

Il existe différentes formes d'instabilité. La plus connue et la plus spectaculaire est la luxation de la tête de l'humérus qui sort totalement de son logement. Mais une instabilité peut également s'exprimer sous des formes moins bruyantes comme des subluxations ou de simples douleurs à "l'armer du bras".

LA LUXATION AIGUË
Survient en général au cours d’une chute le plus souvent sur la main ou le bras lorsque celui-ci est écarté du corps ou en l’air. La douleur est majeure, les mouvements du bras sont impossibles. La réduction peut se faire spontanément dans les minutes qui suivent mais le plus souvent l’intervention d’un médecin est indispensable et nécessite parfois une courte anesthésie générale. La réalisation de radiographies de contrôle est impérative car il y a un risque de fracture.

Après réduction de la luxation, le sportif est immobilisé 3 semaines, le bras en écharpe, afin de faciliter la cicatrisation des lésions ligamentaires. La rééducation va ensuite jouer un rôle capital, l'objectif principal étant de prévenir les récidives. Le suivi, médical et kinésithérapique, doit être rigoureux avant de permettre la reprise du sport en toute sécurité. La kinésithérapie puis la reprise sur le terrain sont nécessairement progressives, sécurisées par la poursuite dans le temps d’exercices de renforcement musculaire spécifiques. Les activités sans restriction sont autorisées vers la fin du 3ème mois pour les sports les plus à risque. Il n’existe malheureusement pas de contention efficace sur la stabilité de l’épaule.

LA CHIRURGIE : doit être proposée au sportif, en cas de luxation récidivante et malgré une rééducation bien conduite. La décision sera d’autant plus évidente qu’il s’agit du bras dominant, d’un sujet jeune pratiquant un sport à risque, de récidives fréquentes dans des situations de moins en moins traumatiques.

LA SUBLUXATION
Il s’agit d'une sensation fugace de déboitement, sans que la tête humérale ne quitte complètement son logement, douloureuse ou non, mais en général très désagréable ou angoissante. Elle peut survenir dans des gestes sportifs stéréotypés, dans la vie quotidienne ou durant le sommeil. Des sensations de fourmillement ou d’engourdissement du bras (bras mort) durant quelques heures, même sans déboitement évoqués clairement, doivent faire penser à ce diagnostic.

L’analyse des symptômes par un médecin nécessite finesse et expérience pour bien mettre en évidence la direction des subluxations, élément déterminant sur les choix ultérieurs de traitement : modalités de rééducation, renforcement musculaire, chirurgie ou non. La rééducation doit toujours être tentée car bien exécutée et entretenue par des exercices personnels, elle améliore la qualité de vie en réduisant le nombre de subluxations et par conséquent l’appréhension.

L'ÉPAULE DOULOUREUSE INSTABLE
Cette forme d’instabilité a pour particularité de ne s’exprimer que par les douleurs. Elle touche le sportif jeune et compétiteur utilisant "l’armer du bras" de façon très répétitive. La douleur est brève lors de "l'armer du bras" et l’instabilité n’est pas perçue par le sportif.

Les radiographies peuvent montrer des signes discrets d’instabilité gléno-humérale (abrasion du bord antérieur de la glène) mais c'est l’arthroscanner l’examen le plus performant dans le bilan des différentes formes d’instabilité. Un produit radio-opaque est injecté dans l’articulation afin de mettre en évidence les lésions du cartilage, du labrum (ou bourrelet glénoïdien, sorte de ménisque de l’épaule) voire des ligaments. Le médecin qui le prescrit peut également demander que soit injecté en même temps un anti-inflammatoire dérivé de la cortisone. Cette injection peut fréquemment agir de manière durable sur la douleur. Le traitement chirurgical est parfois décidé en cas d’échec d’une rééducation bien conduite.